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L’enseignement de l’histoire au XXIe siècle: moyens et eujeux!

Je veux vous mettre la puce à l’oreille concernant un débat important dont vous avez certainement entendu parler récemment. Il s’agit de celui sur l’enseignement de l’histoire et des orientations de recherche des historiens par rapport aux nécessités politiques et culturelles du Québec.

Voici un lien vous permettant de vous mettre à jour sur ce débat qui se déroule dans tous les médias, y compris Internet. Voici également un organisme qui appuie activement l’enseignement de l’histoire et désire en changer les paramètres, il s’agit de la Coalition pour l’histoire.

Je crois que l’enseignement de l’histoire peut bénéficier de l’approche des humanités numériques. Le WEB et les outils informatiques peuvent apporter une plus-value à cette discipline à tous les niveaux de scolarisation. Cette approche constitue évidemment une partie de la réponse au problème de l’intérêt peu manifeste des Québécois(es) pour l’histoire. Un enseignement plus dynamique, plus axé sur la pratique historienne et la recherche aura sans doute un effet positif sur l’engouement des élèves, mais aussi sur l’inculcation des connaissances de base qui leur permettraient d’avoir une perspective historique utile quand vient le temps d’appréhender le monde moderne et ses difficultés. Le débat sur le mouvement étudiant et le nouveau «printemps québécois» gagnerait en profondeur si les acteurs principaux connaissaient les fondements idéologiques à la base de la société libérale actuelle. Ce jeudi, les étudiants organisent une «grande mascarade» alors qu’il s’agit en fait d’un charivari, moyen de contestation populaire très utilisé à l’époque des patriotes pour forcer la démission des juges de paix et officiers canadiens toujours fidèles au gouvernement britannique. Cette dimension historique n’a pas été abordé dans les médias. Elle aurait pourtant donné de la légitimité à la démonstration. D’ailleurs, le qualificatif «printemps», dont certains chroniqueurs d’une radio mauricienne croient qu’il s’agit d’une référence directe et unique au printemps arabe de 2011, s’est accolé à bien des manifestations historiques d’un éveil politique, social et culturel, qu’on pense à Prague en 1968 ou à l’Europe en 1848. Mais revenons donc à cette pratique de l’enseignement de l’histoire.

J’ai personnellement eu la chance de suivre un cours avec monsieur Gilles Laporte sur l’histoire des patriotes ici à l’UQAM. Ce professeur engagé et patriote de l’année en 2010 utilise activement les possibilités des humanités numériques dans ses cours, et par expérience personnelle, je peux vous dire que cela les rend passionnants. Il utilise la technologie à sa disposition, tel l’outil cartographique Google Earth, pour faire de son cours une réalité virtuelle qui s’apparente aux meilleurs films historiques. Gilles Laporte tient également un site très actif où l’on peut accéder à des archives en ligne, les évènements reliés aux patriotes ou aux loyaux dans la plus grande exhaustivité, et une foule d’autres informations.

Si vous voulez entendre l’opinion de Gilles Laporte sur l’enseignement de l’histoire 1 an avant le débat actuel: Entrevue avec Gilles Laporte avec Benoît Dutrizac au 98,5 FM

Concernant l’importance de l’histoire, des historiens et de leur rôle dans les débats de société actuels, voici deux sites, l’un en français et l’autre en anglais qui supportent activement la participation des historiens et la valorisation de leurs recherches dans la sphère publique. Je vous invite à aller lire le manifeste dans la section «à propos – pour une histoire engagée».  Il y a également plusieurs articles fort intéressants sur le devenir de la profession historienne. Il m’apparaît évident que tout historien ou professeur d’histoire, futur ou actuel doit prendre position!

Alex Giroux

Sources = les liens de l’article!

 

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LA MÉMOIRE MUSICALE QUÉBÉCOISE EN LIGNE

Le Musée du Rock ‘n’ roll du Québec, une nouvelle institution dont la première exposition temporaire a eu lieu à l’été 2011, mais dont les projets ambitieux promettent de la faire accéder au statut de phare pour le patrimoine culturel du Québec, caresse le projet éminemment urgent de numériser et rendre accessible en ligne le patrimoine musical québécois. Comme son nom l’indique, l’équipe du musée souhaite circonscrire de façon large la musique rock et ses descendants, ce qui peut inclure, le punk, le métal, le rap, presque tout sauf la chanson proprement dite.

L’urgence du projet se pose devant la perte de mémoire combinée au désintéressement des pouvoirs publics pour la musique populaire. Le musée propose de contrer toutes les lacunes de l’éparpillement et de l’accessibilité de la mémoire musicale avec une base de données des plus exhaustives possibles. La priorité est donné à la musique numérisée à partir des disques parus depuis le tout début du rock ‘n’ roll au Québec. Les archives comprendront des fiches biographiques, des images, des vidéo-clips pour chaque artiste répertorié. Un des problèmes actuels de ce patrimoine est que la plus grande partie des initiatives en ligne de conservation de la mémoire et de recherche est faite par des particuliers avec un minimum de moyens. Ces sites ont souvent une présentation peu attrayante, sont mis à jour irrégulièrement, ou sont carrément effacés et leurs informations perdues. Patrice Caron, le conservateur du musée, donne l’exemple du site You are the scene, une mine d’or sur le «hardcore» montréalais de la fin des années 1990, qui après son abandon, a disparu. Résultat : une grande partie de la musique produite au Québec est ignorée des tous et la rareté de certains produits les rend inaccessibles. De plus, les organismes privés qui détiennent des droits et des archives physiques compliquent l’accès et la diffusion du patrimoine.

M. Caron veut valoriser les initiatives personnelles en proposant des liens vers les sites des particuliers et des fanatiques. Le principe du Wiki contribuera aussi à l’exhaustivité et l’accessibilité en permettant à quiconque possède des informations de les diffuser, mais aussi aux différents groupes émergents d’acquérir une visibilité. La consultation des archives en ligne proposera une découverte infinie d’artistes locaux en faisant les liaisons entre eux sous différents thèmes. La numérisation touchera également des études scientifiques et périodiques spécialisés de l’époque contribuant à la connaissance de ce patrimoine. Cette initiative sous-tend un espoir, le développement d’une conscience et d’une ouverture de la part du public québécois. Le projet donne les clés aux Québécois pour aller au-delà de ce qui est préférablement proposé par les radios et l’industrie du disque. Il veut aussi redonner ses lettres de noblesse aux Québécois en détruisant l’idée préconçue selon laquelle la création locale se veut à la remorque de ce qui s’est fait aux États-Unis, en France ou en Europe.

Le Musée se servira du programme de gestion de collection en ligne Mimsy. Une collaboration avec Radio-Canada lui donne accès à l’équipement de numérisation nécessaire ainsi qu’à l’expertise d’archivistes professionnels. Faut-il préciser que le Musée ne souhaite pas détenir nécessairement les archives physiques, mais vise plutôt l’emprunt de collections. Une autre organisme important poursuit un projet complémentaire à celui du Musée du Rock’n’roll du Québec. C’est le GAMIQ ainsi que l’association de la musique indépendante qui conserve absolument toute la production indépendante québécoise depuis 2006, ce qui correspond à environ 300 albums par année. Ultimement, Patrice Caron veut rendre les expositions du musée en ligne. Il croit aux possibilités du WEB, comparativement à l’exposition physique qui nécessite des moyens financiers plus importants. D’ailleurs le financement passera en partie par la mise sur pied d’une nouvelle fondation. Le site sera parallèle au site du musée et s’appellera Rockr. Le musée vise avril 2012 pour la mise en ligne de la première version du wiki et la première partie de la collection.

Alex Giroux

Source: Entrevue avec M. Patrice Caron, directeur et conservateur, Musée du Rock ‘n’ Roll du Québec.

 
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Publié par le 13 mars 2012 dans Histoire de la musique

 

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